Je vous avais préparé une lettre, mais je vais vous la lire car je tenais vraiment à vous dire à tous tout ce qui suit.
Cher Padre, chers aumôniers, chers amis du Centre Saint-Guillaume,
J’ai préparé un « petit » mot car vous connaissez mes facilités d’élocution quand je suis particulièrement ému, et c’est le cas ce soir. J’appréhende ce moment depuis la messe de l’année dernière à St Germain des Prés, lorsque mon prédécesseur et ami Gabriel Dubois a été envoyé en mission hors de ces murs, au cours de la même cérémonie à laquelle nous avons participé tout à l’heure. J’étais alors (enfin!) diplômé en histoire et RI et je m’étais alors dit: « et toi, dans un an, tu fais quoi? » Je ne dis pas que j’ai encore répondu à cette question qui nous taraude tous, je serai pour ma part à peu près fixé le 24 mai prochain.
J’appréhendais également ce discours depuis la lettre de Camille Van den Broek du 14 septembre dernier, qui m’avait alors beaucoup marqué, et aussi depuis le discours de départ de notre bien-aimé Pape Benoît, qui a énormément marqué le ratzingerien que je suis.
En fait, tout ce que je voulais dire se résume à un mot : merci!
Merci aux plus anciens de cette maison de m’avoir accueilli il y a maintenant près de 5 ans, alors que je venais de démissionner de St Cyr et de passer une 1ère année sabbatique en Bourgogne. J’avais alors découvert les joies de l’aumônerie au Centre catholique universitaire de Dijon, et mon vieil ami de puis le lycée, Benoît Mas, alors pilier de CSG, ne cessait de me parler du 42 rue de Grenelle.
Quand je suis arrivé, tout n’a pas été simple: j’ai épouvanté Bruno avec une de mes déclarations à l’emporte-pièce dès le mois d’octobre, je me suis vaguement brouillé avec Véronique à propos d’Hannah Arendt, bref, ce n’était pas très concluant! Après une seconde année sabbatique, je suis revenu en octobre 2012: je ne remercierai jamais assez tous les membres de cette aumônerie que j’ai rencontrés depuis! Vous avez accepté d’être saoûlés (ou pas!) par l’histoire de Malcom III et d’être surpris par mes bénédicités plutôt rapides, mais à plein volume! Je revois d’ailleurs toujours le sourcil gentiment réprobateur de Pauline quand je me prenais pour les Choeurs de l’Armée rouge en pleine messe!
Vous avez, à votre façon, pardonné au réactionnaire vicéral que je suis de préférer le latin à la guitare, et vous m’avez aussi (un peu!) ouvert à d’autres horizons! Pour Pâques, alors que j’étais chez Gabriel, il m’a dit en gros: « quand tu es arrivé, on peut dire qu’il y avait beaucoup de copeaux, mais ça s’est bien amélioré! »
C’est pourquoi, et je vais évidemment en oublier, je souhaiterais remercier (chronologiquement, on se refait pas!) le Père Thierry, Véronique, Sylvie, Nacho, Alvaro, Claude, soeur Claire, le Père Aletti et le hiéromoine Alexandre pour m’avoir accompagné pendant ces 4 années de grâce. Je remercie en particulier Pierre Adam, Amélie Gravier et Pierre Jovanovic pour les 3 derniers mandats rpésidentiels et toutes les équipes d’animation. merci aux Grands Anciens: Amaury Duquesne, Paul Catherinot, Benoît Mas, Jean de Beauregard, Eve Colson, Astrid Beudet, Delphine Moussel, Tiphaine de Frémont, Louis Maubert, Sébastien Janicot, Agnès Vincent, Mélanie Loarer, Ludivine Reynauld, Constance Ascione et mon vieux Fanfoué, François Rambaud.
Merci au club de la petite bibliothèque dont mes chers Gabriel, Pierre-Marie, Marguerite, Adrien, les 2 Marie, François, Gauthier ! Merci à Camille, Cécile et Sophie pour m’avoir fait retourner plus fortement vers Dieu ! Merci à Bruno et Joëlla ! Merci à Pauline, Clémence et Astrid ! Merci à Cyril et Maxime ! Merci à P.M. Baudry, Bruno, Charles, Eugénie, les Alexandre, Louis, les Vincent, Jan, les Timothée, Guillaume, Lorraine, Marion, Lucie, Clémentine, Hugues, les Astrid, Jean et Maïder, Diane et Pauline, Thibault, Laurent, Camille, William, les Mathilde, François-Xavier, Catherine, Elise, Caroline, Marguerite, Humbeline, Roman, Paul, Arthur, Jean-Gabriel, Louis-Marie, Marie-Astrid, Gaudérique et j’en passe, la liste serait encore trop longue ! Si, je saluerai enfin la haute figure de François de Montmorillon, mon seigneur et maître héréditaire depuis les années 1880 !
J’ai découvert parmi vous de véritables amis, à l’occasion des pélés de Chartres, des jeudis soirs, des soirées diverses et variées, des « Manif pour tous » ou tout simplement à l’occasion d’un café ou de ma lecture hebdomadaire de MA bible, « Valeurs Actuelles », dans la grande salle.
J’ai eu la chance inouïe de tous vous rencontrer et ces années au CSG resteront de loin les meilleures de mon parcours universitaire. Vous m’avez fait découvrir mes petites qualités, que j’ai tant de mal à discerner, si besoin en me prenant en aparté pour m’envoyer 2-3 vérités bien placées ! Je vous remercie pour tout ce que vous êtes et vous assure que vous allez énormément me manquer, que je reste à Paris ou que je retourne dans mes ancestrales forêts morvandelles qui restent la terre où tous mes morts sont couchés, et vous savez à quel point cela compte pour moi !
Merci de m’avoir accompagné dans mes joies, mais aussi dans mes peines, avec mes ennuis familiaux, les décès en pagaille des deux dernières années et mes moments de loose habituels ! Merci de m’avoir poussé à évangéliser directement au moins une fois dans ma vie ! Merci de m’avoir montré en chacun de vous la puissance de l’Amour de Notre Seigneur Jésus-Christ. Puisse-t-il vous rendre au centuple vos bienfaits envers moi ! J’ai essayé, à mon niveau, de vous accompagner afin de partager cette Foi, cette Espérance et cette Charité qui rayonnent chez beaucoup d’entre vous ! D’abord à la messe du jeudi soir, pendant les temps d’adoration (merci Sophie !), mais aussi pendant ce moment de doute capital : la rampe de l’escalier sera-t-elle propre un jour ?
Je remercie la Compagnie de Jésus pour m’avoir accueilli si longtemps en cette enceinte : mes collègues du collège Stanislas, en me présentant à chaque nouvel arrivant à qui je parlais du CSG, me charriaient en s’exclamant : « tu ne connais pas le CSG ? C’est la 2ème maison de Julien ! »
Je voudrais également que vous me pardonniez pour toutes les fois où je vous ai malmenés par mes jugements toujours téméraires, comme pour les mauvaises pensées, paroles, actions et omissions. Dieu sait que j’aurai pu faire beaucoup plus pour tous et pour cette maison…
Je remercierai enfin encore une fois Camille Van den Broek à qui j’emprunte sa très belle conclusion, que je fais totalement mienne :
« durant ces [quatre] années au CSG, je suis sorti d’une conception essentiellement intellectuelle de Dieu pour m’attacher à la personne du Christ, à un Dieu vivant qui m’a délivré. J’ai appris à connaître son Nom et Il m’a défendu dans mes combats intérieurs. Je L’ai appelé et Il m’a répondu. Il a été avec moi dans mon épreuve. Voilà, sur ce, je vous embrasse de tout cœur ! »
J’ajouterai que je vous souhaite à toutes et à tous une belle fin de soirée, d’année, la réussite aux concours et examens et une excellente année prochaine, où que vous soyez ! Je prierai bien pour vous.
Merci pour votre attention,
Julien Louis Vieillard